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PUBLICA vous informe Neuf questions au directeur sur le départ

PUBLICA vous informe Neuf questions au directeur sur le départ

Photo de Directeur de PUBLICA

Dieter Stohler

Directeur de PUBLICA

Vous quittez PUBLICA avant l’âge de la retraite ordinaire. Vous n’avez plus plaisir à travailler chez PUBLICA?

Mon travail chez PUBLICA est et reste intéressant et prenant. Mais après neuf ans ou presque, c’est le moment de changer. Aussi bien pour l’entreprise PUBLICA et ses collaborateurs et collaboratrices que pour moi. J’ai toujours dit que le CEO d’une entreprise comme PUBLICA ne devrait pas rester en fonction plus de dix ans. J’ai déjà tenu plus longtemps que mes prédécesseurs! Fidèle à mon objectif, j’ai tout fait pour que les activités opérationnelles puissent se dérouler sans moi. Et c’est un succès: les différents services dirigés par des responsables hors pairs, mes collègues du Comité directeur, travaillent de façon très autonome et exactement de la manière dont je le souhaitais. C’est-à-dire avec une certaine marge de manœuvre à tous les niveaux, ce qui rend le travail plus intéressant et renforce le sens des responsabilités. Nos collaborateurs et collaboratrices font preuve d’un très grand savoir-faire. Sur le plan opérationnel, il me faudrait désormais surtout des compétences spécifiques pour le passage au numérique, ce qui n’est pas mon domaine de prédilection. Et nous voilà arrivés aux raisons personnelles qui motivent mon départ: je souhaite à nouveau me consacrer davantage aux problématiques de la prévoyance et réduire la part consacrée à la bureaucratie et aux questions techniques. J’avoue aussi qu’assumer la responsabilité d’une entreprise qui gère 40 milliards n’est pas sans causer une certaine fatigue. En tant que CEO, on est – au moins en pensées – toujours sur le pont. Je suis ravi de pouvoir passer le témoin à mon successeur, homme ou femme, le 1er octobre.

Que ferez-vous concrètement à partir du 1er octobre 2020?

Le deuxième pilier que j’ai servi tout au long de ma vie professionnelle continue à me fasciner. Je vais fonder la «Dieter Stohler Vorsorge GmbH» pour mener à bien différents mandats dans le domaine de la prévoyance professionnelle, que ce soit en tant qu’enseignant ou consultant et surtout membre de conseils de fondation ou d’administration. J’ai un mot d’ordre: transmettre mon expérience. Le profil de «membre de conseil de fondation professionnel» de caisses de pensions me séduit depuis longtemps et maintenant, je vais aussi pouvoir réaliser ce rêve et apporter mon expérience dans différents comités et comme enseignant. Je reçois tellement de demandes en ce moment que mon agenda sera bientôt plein. Au départ, je l’avais en fait plutôt envisagé comme un aménagement pour la fin de ma carrière et pour réduire un peu ma charge de travail. Mais quand on est passionné par son domaine, on a du mal à dire
non… En tout cas, je me réjouis de passer à autre chose, d’élargir mon horizon et de nouer de nouveaux contacts!

Quelle est la situation de PUBLICA au moment où vous en partez? Avez-vous atteint vos objectifs et réalisé vos projets pour PUBLICA?

Sur le plan opérationnel, j’ai largement atteint mes objectifs. Nous sommes parvenus à dégraisser là où c’était nécessaire, à structurer les processus de manière plus efficace, à les simplifier en partie, sans dégrader nos prestations de services. Les clients – que ce soient les personnes assurées, les employeurs, les caisses de prévoyance ou les sociétés partenaires – ont été replacés au cœur des réflexions. Car sans clients, point de PUBLICA. Fini le service condescendant pour des clients qui n’ont pas le choix et bienvenue à une collaboration partenariale. Dans cette perspective, l’accent sur la communication a été renforcé. Ce travail porte ses fruits: les enquêtes montrent que la satisfaction de la clientèle s’est installée à un haut niveau, les frais d’administration ont pu être réduits et PUBLICA bénéficie d’une excellente réputation. La confiance placée dans une caisse de pensions est quelque chose d’essentiel et de précieux, il faut la mériter jour après jour par un travail fiable et des services de haute qualité. Et à ce propos, un principe prévaut tout particulièrement: la transparence engendre la confiance! Les projets informatiques lancés à mon initiative ont pu être menés à bien avec succès. Seulement, j’ai souvent été rattrapé par le temps et je reconnais que j’aurais bien voulu être encore là pour la mise en production du gros projet en cours concernant les nouveaux portails pour les personnes assurées et les bénéficiaires de rentes. Mais ici aussi, les travaux préliminaires sont achevés, ce sera une belle réalisation!

Sur le plan stratégique aussi, nous nous sommes acquittés de nos tâches les plus importantes et nous avons tiré le meilleur parti de l’environnement difficile des taux d’intérêts. Grâce à une stratégie de placement dont la mise en œuvre s’appuie systématiquement sur la diversification, les risques sont réduits au minimum. Chez PUBLICA, même les risques climatiques sont évalués avec sérieux et intégrés dans la stratégie de placement. Car PUBLICA n’a qu’une capacité de risque limitée, ce qui signifie qu’en cas de découvert, les charges liées à l’assainissement deviendraient vite très élevées pour recouvrer les 100% exigés. Cette situation s’explique par la structure de l’effectif; comparées à d’autres caisses de pensions, PUBLICA a une part de bénéficiaires de rentes relativement élevée. Il s’agit donc aussi de définir plutôt prudemment les paramètres actuariels (taux de conversion, taux d’intérêt technique), ce qui a conduit aux adaptations entrées en vigueur au 1er juillet 2012, au 1er janvier 2015 et au 1er janvier 2019. Que ces abaissements du taux de conversion aient reçu un tel soutien de la part des partenaires sociaux était tout sauf évident. Je garde un souvenir très positif du fait que ces mesures pourtant peu réjouissantes aient recueilli une forte adhésion de toutes parts, y compris chez les personnes assurées.

Cela ne me ressemblerait pas si je ne parlais pas non plus des objectifs et des projets que je n’ai pas réalisés. En ce concerne la recherche de nouvelles entreprises publiques susceptibles de devenir clientes de PUBLICA, nous avons quasiment dû suspendre nos efforts à la demande de la Commission de la caisse, ce qui a certes permis, à court terme, de réaliser des économies. Sur le long terme, si l’on considère qu’il est dans l’ordre des choses que les caisses de prévoyance à effectif fermé de bénéficiaires de rentes disparaissent et qu’il faut maintenir la compétitivité de l’institution collective PUBLICA, je choisirais, personnellement, une stratégie moins défensive. Je suis également d’avis que les conditions-cadres légales de la mise en œuvre de la prévoyance par PUBLICA nécessitent une révision urgente. Ainsi, il semble bien que seule une solution réglementaire sera à même de clore les discussions, parfois très passionnelles, concernant les collisions entre la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP) et la loi sur le personnel de la Confédération (LPers). Mes interventions en faveur d’une modification de la loi n’ont malheureusement jamais rencontré d’échos, au moins jusqu’à présent.

Que feriez-vous autrement si vous pouviez reprendre vos fonctions chez PUBLICA depuis le début?

Je préparerais d’abord en plus des diplômes d’économie et d’informatique. Cela aurait certainement été un atout de maîtriser encore plus avant ces deux domaines. Mais j’ai dû le faire sur le terrain et je suis extrêmement reconnaissant de tout ce que j’ai appris de la sorte. Ayant, entre autres, déjà exercé la fonction de gérant d’une caisse de pensions de droit public avant mon arrivée chez PUBLICA, j’ai apporté avec moi une grande expérience pratique et, en particulier, celle des processus politiques. J’étais parfaitement au fait des rapports qui existent entre une collectivité publique et «sa» caisse de pensions, laquelle doit être gérée de manière paritaire. Je savais où je mettais les pieds… et à ce point de vue, il y a peu de choses que je ferais autrement. Je cultiverais certainement encore plus de relations bilatérales au niveau stratégique afin de mieux tâter le terrain et d’essayer de convaincre les gens de mes idées.

Qu’est-ce qui vous a le plus plu?

Sans hésiter, la collaboration au sein de l’équipe de PUBLICA. J’ai eu l’honneur d’être entouré de collaborateurs et collaboratrices compétents, loyaux et novateurs. Cet environnement qui crée un climat propice au dialogue constructif a été très motivant pour moi. Il aboutit aussi à un esprit de camaraderie, d’amitié et de cordée. J’ai aussi ressenti ce sentiment d’appartenance à une équipe lors des nombreux événements inoubliables que j’ai partagés avec les collaborateurs et collaboratrices. Il va s’en dire que la perte de l’équipe PUBLICA va m’être douloureuse lorsque je serai à mon compte.

Et quels aspects vous ont le moins plu?

Les moments qui m’ont le plus déplu sont ceux où je n’ai pu que constater que des jeux de pouvoir politiciens prenaient le pas sur des arguments fondés tant du point de vue de la marche de l’entreprise, du droit que de la logique. Si tout aménagement s’en trouve entravé et que nous devons nous contenter de gérer le statu quo, il ne peut rien en résulter de bon à terme. À vrai dire, que des décisions soient parfois prises de cette façon dans certains cas n’est ni nouveau, ni très surprenant, cela arrive un peu partout. J’ai appris à l’accepter. Mais cela ne me plaît pas pour autant.

Le monde est en pleine mutation, le réchauffement climatique se poursuit, la transition énergétique est inéluctable et depuis peu, il faut gérer la crise du coronavirus. Quels sont les effets de ces phénomènes sur les caisses de pensions? Comment voyez-vous l’avenir du deuxième pilier suisse?

Le deuxième pilier a déjà surmonté de nombreuses crises, et il en sera de même cette fois. Car la prévoyance professionnelle est fondée sur le partenariat social et une organisation décentralisée, deux piliers stables et robustes. Il est essentiel qu’on s’attache sans cesse à trouver le point d’équilibre entre niveau et répartition des cotisations d’une part, montant des prestations et stabilité du bilan d’autre part. Que le produit «rente de vieillesse» coûte davantage avec l’allongement de l’espérance de vie et la baisse des taux d’intérêts et qu’il faille ou ait fallu abaisser le taux de conversion est logique. Et s’il faut de temps en temps avoir recours aux contributions d’assainissement pour résoudre une crise, c’est un mécanisme, certes peu agréable, mais qui a toujours fonctionné jusqu’à présent et qui préserve justement la capacité de risque du deuxième pilier. Par le passé, il faut rappeler qu’on a aussi connu l’inverse des contributions d’assainissement, à savoir la répartition d’excédents au profit de l’amélioration des prestations. Après 35 ans passés dans la prévoyance professionnelle, je suis convaincu que le rôle dévolu aux caisses de pensions est essentiel pour la prospérité et pour la sécurité sociale en Suisse. Nous devons toutefois être prêts à procéder aux adaptations rendues nécessaires par l’évolution des circonstances. Or on peut déplorer qu’au niveau politique, les adaptations des conditions-cadres ne progressent plus guère depuis un certain temps. Mais sur ce point aussi, nous restons optimistes.

Quel regard portez-vous sur l’avenir de PUBLICA?

PUBLICA repose sur d’excellentes bases et a les capacités pour s’affirmer comme l’une des caisses de pensions leader au niveau suisse. Grâce à notre taille, nous bénéficions aussi d’une bonne structure de frais, ce qui nous rend par principe concurrentiels. Nos collaborateurs et collaboratrices, nos systèmes et nos produits sont tous au top. Le service Asset Management fait la part belle à l’innovation, tout en capitalisant sur son succès et en misant sur le développement durable. Nous devons simplement être vigilants et ne pas croire qu’il en sera forcément toujours ainsi. Dans le domaine réglementaire notamment, nous devons améliorer les bases de la gouvernance des fonds de pensions et adapter au fur et à mesure nos règlements et nos produits de prévoyance à la transformation des besoins de notre clientèle. À cet égard, nous devons faire preuve d’une meilleure adaptabilité et donc d’une plus grande souplesse. Je n’ai aucun doute sur le fait que des efforts continueront d’être faits en ce sens. À ce compte, PUBLICA assurera aussi sa réussite à venir, ce que j’appelle naturellement de mes vœux!

Avez-vous encore un message à faire passer aux personnes qui nous lisent? C’est votre dernière chance!

Je souhaite toutes les remercier pour leur formidable collaboration. Depuis le
1er janvier 2012, j’ai eu la chance de bénéficier d’un grand soutien. Vous avez toujours fait preuve, cher lecteur et chère lectrice, d’une très grande compréhension vis-à-vis des mesures souvent complexes et pas toujours réjouissantes qu’a dû prendre la Caisse fédérale de pensions
PUBLICA dans l’environnement actuel et vous avez contribué, à votre niveau, à la bonne marche des affaires. Mes remerciements vont en particulier à mes collaborateurs et collaboratrices, à la Commission de la caisse, aux organes paritaires des caisses de prévoyance, aux employeurs ainsi qu’à l’Assemblée des délégués et aux partenaires sociaux. C’est parce qu’ils étaient tous à la manœuvre que le navire PUBLICA maintient le cap.

Caisse fédérale de pensions
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